dimanche 1 mai 2016

Êtes-vous assez patient financièrement?

Je ne suis ni pauvre ni riche. Comme beaucoup d'entre vous, je me situe quelque part entre les deux, et de ce fait, je suis une choyée-de-la-vie, car je possède infiniment plus que certains, si je compare mon sort à l'échelle mondiale. En fait, je serais bien ingrate de me plaindre de mon revenu familial. 

J'aime les plaisirs de la vie. Infiniment. Et j'en profite, oooh que oui! Mais je n'aime pas avoir l'impression de me faire voler. Parce que quand je me fais voler, je me sens loin de mes rêves d'indépendance financière, où j'aurai la pleine et absolue liberté d'action et de choix - du moins, c'est ainsi que je décris mon idéal financier.

Patience financière

Ne pas aimer me faire voler... il y a sûrement un petit facteur génétique derrière ça. Je viens d'une famille qui m'a inculqué la patience financière. Par là, j'entends le concept qui consiste à attendre patiemment que l'objet ardemment voulu (vêtement, gadget informatique, voiture, etc.) soit en rabais avant d'en faire l'achat.

On m'a appris ça, c'est en moi pour la vie. Et ce que je trouve fascinant, c'est que l'attente peut avoir deux effets diamétralement opposés :

  • soit le plaisir ressenti au moment de l'acquisition est décuplé (autrement dit, grâce à cette approche, on tend à apprécier davantage les choses);
  • soit l'attente fait disparaître le besoin complètement (si celui-ci était futile), et du coup, on se libère du poids d'un désir qui était provisoire! 

Aujourd'hui, instinctivement, je suis à peu près incapable d'acheter quoi que ce soit à prix régulier (à moins de ne pas avoir trouvé de solution de rechange, évidemment, et que l'objet soit de première nécessité). L'achat en différé est presque toujours garant d'une bonne affaire ultérieure et, surtout, cela permet de prendre du recul en vue de mieux réfléchir à ses besoins réels.

Combien de fois me suis-je dit que j'aurais besoin de tel truc, de tel appareil, de tel vêtement, pour finalement me rendre compte que la solution se trouvait à quelques pas de moi, dans mon propre foyer? Suffit effectivement d'être créatif pour donner une seconde vocation à un instrument, à un objet de cuisine, etc., ou une seconde chance à un vêtement en l'agençant avec un autre pour engendrer une combinaison inédite, pouvant même convenir à une grande occasion.

À L'INVERSE : les quelques fois où j'ai succombé à un achat non réfléchi et où j'ai carrément manqué de patience financière, combien l'ai-je amèrement regretté! Le beau chemisier qui me faisait tellement envie ne va avec rien dans ma garde-robe... le brûleur hyper-spécialisé que je voulais tant pour faire des crèmes brûlées ne me sert pas, car, au final, j'achète toujours ce dessert chez mon pâtissier (le meilleur au monde!)... le billet de concert que j'ai acheté pour voir un artiste à la mode que tout le monde aime, parce qu'il faut être là, y être vu, en faire mention dans les médias sociaux (mais dont la démarche artistique me laisse assez indifférente, au fond).

Développer sa patience financière, ça s'apprend?

Ce genre d'erreur de parcours m'arrive de moins en moins souvent avec les années. Parce que je me connais de mieux en mieux au fil du temps et que je sais reconnaître certains pièges qui guettent les consommateurs que nous sommes - pièges qui découlent de la publicité, de la pression sociale, d'une éducation financière carencée, etc.

Pour ce faire, selon moi, avant de faire l'acquisition d'un bien ou d'un service d'une ampleur raisonnable, il faudrait se poser au minimum trois questions :

  1. Est-ce nécessaire à ma survie sur le plan purement matériel ou à mon développement spirituel? Est-ce nécessaire pour répondre à des impératifs pratiques?
  2. Si oui, ai-je exploré les solutions alternatives qui me dispenseraient de l'achat du bien ou du service? Si des solutions alternatives existent, répondent-elles pleinement à mon besoin?
  3. Est-ce un bon moment pour acheter? Sinon, est-ce que ça peut attendre un peu?
Oui, la vie va vite, et on n'a pas toujours le temps de réfléchir, me direz-vous. Pourtant, il faut le prendre, puisque ça devient payant à la longue. Ce qui est merveilleux des trois questions posées plus haut, c'est qu'elles peuvent s'intégrer à la pensée et devenir des réflexes qui s'appliqueront à la vie de tous les jours, même à l'épicerie, où le montant des achats est plus petit. Je m'aperçois que mes choix se bonifient avec les années et qu'il me reste plus d'argent dans mes poches, sans que j'aie à me priver ou à mener une vie monastique - ce qui ne m'intéresserait pas du tout! 

Bref, grâce à des petits changements apportés à notre mode de pensée, c'est fou ce qu'on peut progresser, éviter les pièges de la consommation et espérer prendre sa place au soleil. 

Je parlerai de sujets connexes dans mes futurs articles. Restez à l'affût et partagez! 

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