samedi 21 mai 2016

Les fêtes, c'est pas un cadeau!


C'est ma fête aujourd'hui. (Un, deux, trois, go, en choeur : bonne fête, Jennie!).

Ballons


Ce n'est pas pour me vanter de vieillir d'un an que j'écris ce billet. Ni pour y aller d'une réflexion philosophique sur les années qui passent. Nan!

Je souhaite plutôt apporter une réflexion sur l'offre de cadeaux lors des anniversaires.

Combien de fois avez-vous reçu un cadeau qui, même s'il était sans aucun doute motivé initialement par une bonne intention de l'offrant, a fait résonner un gros bof! tonitruant dans votre tête?

Prenons par exemple les items de déco. La déco, c'est une affaire éminemment personnelle et subjective. Une amie me racontait avoir reçu un tableau (d'une valeur appréciable) d'un artiste reconnu, de la part de son père enthousiaste, et qui n'a pas vu d'autre alternative que de l'afficher dans sa salle à manger. Or, les sentiments de mon amie n'ont pas changé au fil des années concernant ledit tableau : elle le déteste comme au premier jour. Elle ne l'aurait jamais choisi. Mais le fait demeure : elle est pognée avec, l'objet s'est imposé à elle, et le comble, c'est qu'un tel cadeau finit toujours par impliquer une obligation de rendre compte (il est où le beau tableau que je t'ai donné à  ta fête, le vase champêtre que je t'ai offert au retour de voyage? y est-tu beau, hein, je l'ai choisi en pensant à toi.).  

Vase

Gênant aussi que de se débarrasser d'un kit de flûtes à champagne un peu trop kitsch offert par une tante bienveillante au moment de l'achat de sa première maison (un cadeau cute pour les z'amoureux qui s'installent et font leur nid dans l'existence) ou de la douzaine de petites assiettes à dessert portant la mention "Rêves de chocolat", gracieuseté de la grand-maman si gentille et bien-aimée.

Des fois, quand même, reconnaissons-le, la personne fait une belle trouvaille : la chose donnée est fort jolie. Sauf que c'est un quelque chose que tu as déjà en mille exemplaires chez toi. Par exemple, avec la quantité de tasses à expresso que j'ai reçues au fil du temps, je pourrais servir un corsé à une partie de la ville.

Et je ne parle pas des cadeaux vestimentaires. Il faut vraiment se targuer de bien connaître la personne à qui on achètera chemise, chandail ou cravate (mais pas des pantalons, quand même, êtes-vous fou?) : non seulement il faut tomber précisément dans les goûts de la personne, mais en plus, il faut tomber pile-poil sur ses mensurations. C'est déjà parfois assez difficile de s'habiller soi-même (vous savez, ces débats intérieurs et physiques dans les salles d'essayage...), alors comment s'y retrouver quand il s'agit d'une tierce personne? Encore là, si tu reçois un vêtement en cadeau, même s'il ne te convient juste pas, tu n'oseras pas t'en débarrasser - et c'est normal -, puisque la charge émotive liée au don de la personne est intrinsèquement associée au bien.

Chemise, vêtements

Prenons un livre de 500 pages que tu as reçu d'une personne attentionnée qui sait que tu aimes lire. Elle t'a donc acheté le dernier polar de ***. Oui, il s'agit d'un ouvrage universellement apprécié. Recommandé par les libraires allumés.  Encensé par la critique littéraire parisienne. Oui, mais toi, toi personnellement, tu détestes les romans policiers. Pourtant, tu sais que, tôt ou tard, tu pourrais avoir à rendre des comptes sur ta lecture auprès du gentil donateur livresque : alors soit tu lis au complet et avales la pilule (si tu es bon joueur), soit tu pries pour que le tout tombe dans l'oubli et tu t'adonnes à de subtiles manoeuvres de diversion lorsque la personne recroise ta route.

    Session de coffe livre
J'ai vécu cette situation, et, parce que je ne suis pas infaillible moi non plus, j'imagine l'avoir fait vivre à d'autres, bien involontairement, par de mauvais choix de cadeaux, même si j'étais animée par une pure affection et de la bonne volonté.

Après réflexion, maintenant, ce que je trouve le plus chouette, c'est d'offrir des expériences plutôt que des biens matériels. Je préfère envoyer mon frère voir un spectacle d'un artiste qu'il affectionne particulièrement plutôt que de lui donner quelque chose qui pourrait potentiellement l'embarrasser. J'aime parachuter mon beau-frère et ma belle-soeur au resto - et fournir le service de gardiennage pour l'occasion! -, afin qu'ils profitent d'un rare tête-en-tête dans leur vie mouvementée de parents hyperactifs. J'adore offrir le traiteur à ma belle-mère, qui adore bien manger mais qui n'aime pas cuisiner. Offrir une séance de spa à une amie pour qu'elle se détende et mette le hamster cérébral à off.

Pour ma part... j'aimerais recevoir des billets pour voir un concert de musique classique ou une comédie musicale. Je rêverais qu'un chef italien vienne chez moi cuisiner pour ma gang, fasse la vaisselle et dise ciao (remarquez, un chef japonais faisant des sushis, s'exprimant dans la langue de son choix, ferait aussi très bien l'affaire)! Je voudrais aller à Paris avec mon aimé un weekend pour souligner mes 40 ans (dans beeeen des années).

J'ai bien assez d'objets chez moi à gérer. N'en ajoutons pas d'autres. Je veux des expériences pour ma fête! Oui! Donnez-moi des expériences!!!

splash_champagne



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