lundi 27 février 2017

Investissements: pourquoi s'exposer au US$, et un truc pour économiser la majorité des frais de conversion de devises

Il est important pour un investisseur québécois d'être exposé au marché américain. Quand tout va mal, tout va mal: non seulement votre portefeuille canadien s'en va downhill, mais vos impôts et frais divers à long terme risquent d'augmenter, même votre emploi pourrait être à risque. De plus, les indices boursiers américains font historiquement de meilleurs rendements que les indices canadiens, Trump ou pas. Aussi les indices canadiens sont très concentrés dans les secteurs financiers et pétroliers ou surpondèrent des titres individuels (Nortel, Blackberry anyone? des fois, c'est mieux diversifier son portefeuille et acheter une caisse de bière: il reste les bouteilles vides à échanger après le crash).



Une autre raison pour posséder du cash US est plus technique: le taux de change USD-CAD est l'un de ceux qui est le plus inversement corrélé avec la performance boursière mondiale. En d'autres mots: quand la bourse est mal en point, le huard plonge, ce qui augmente la valeur en dollars canadiens de vos actifs américains. Cet effet est lié en partie aux grosses entreprises canadiennes cotées à la bourse qui sont pour plusieurs associées aux ressources naturelles (pétrole et mines): quand l'économie s'essouffle, ce sont souvent les premières à chuter,  mais éventuellement elles entraînent avec elles les banques qui leur prêtent de l'argent. De plus, le dollar américain sert de valeur refuge et tend à s'apprécier, même en temps de crise économique américaine (qui devient souvent mondiale).

En contre-partie, en temps de liesse boursière, vos investissements étrangers augmenteront plus lentement à cause de l'effet inverse. Même si le résultat est à somme nulle à long terme, réduire la volatilité de son portefeuille est souhaitable, ne serait-ce que pour mieux dormir la nuit. Par exemple, en 2008-2009, la bourse américaine perdait environ 50%, mais pendant ce temps le dollar américain prenait 30% par rapport au huard, ce qui réduisait grandement le choc pour les canadiens ayant leurs investissements en billets verts. Lors de l'importante remontée qui a suivi, ces mêmes investissements ont toutefois été moins profitables.

Pour cette raison, j'évite les FNB/ETFs qui "hedgent" la conversion des devises. Non seulement on perd la réduction de la volatilité de ses rendements boursiers, ces ETFs utilisent des stratégies qui ne fonctionnent pas toujours et qui augmente les frais de gestion sous-jacent. Si vous lisez l'anglais, cet article de Canadian Couch Potato explique clairement pourquoi.

Si vous êtes convaincu, il vous reste alors deux choix: investir directement en argent US dans des titres que vous choisissez, ou investir dans des ETF (exemple, un ETF passif basé sur l'index S&P 500, tel que iShares Core S&P 500 - XUS) qui n'utilisent pas la stratégie de protection des devises. Dans certains cas cependant, il est préférable d'un point de vue fiscal de posséder les ETFs en argent US, notamment dans son REER, surtout s'ils génèrent des dividendes. Si vous voulez savoir pourquoi, lisez ceci.

C'est pourquoi je suggère d'avoir un compte en devises américaines si vous souhaitez obtenir des placements américains qui génère des revenus (de dividendes ou autres) dans votre REER sous forme de fonds négociés en Bourse.

Chasseurs de rabais cherche à vous faire économiser, pas seulement sur l'épicerie, mais sur vos frais de placements aussi! Alors voici un truc pour éviter de payer les énormes frais de conversion de devises que vous chargent les banques, en 4 étapes simples:

  1. ouvrez un REER en argent américain
  2. achetez dans votre compte REER canadien un titre qui se transige à la fois sur le marché canadien et sur le marché américain. C'est le cas des grandes banques canadiennes qui sont cotées à la fois à Toronto et à New York. Mieux encore, il existe un ETF dont l'objectif est de précisément réaliser ce truc: DLR (et sa version américaine, DLR.U). L'avantage est que ce titre ne risque pas de fluctuer lors des quelques jours nécessaires à l'exécution des transactions. Par exemple, achetez pour 10,000$ CAD de DLR. Coût approximatif: 10$ de transaction
  3.  appelez votre courtier et demandez de transférer le titre dans votre compte américain. La valeur du titre sera maintenant l'équivalent de 10,000$ CAD, mais en argent US. Par exemple, $7600 US
  4. vendez votre titre de votre compte REER US (frais de 10$) sur le marché américain. Et voilà, vous avez maintenant $7600 US. La conversion vous a coûté 20$, soit 0.2% de frais, contrairement aux 2-3% de frais chargés par les institutions si vous aviez converti votre argent directement.
Ou est l'arnaque? Il n'y en a pas. Utiliser ce truc est l'équivalent d'acheter une pomme au Canada et la vendre aux États-Unis (en assumant que le prix converti est équivalent au taux de change) pour ensuite acheter là-bas une orange: il n'y a pas de conversion de devises, donc pas de frais!


1 commentaire:

  1. Humm excellent truc! Je ne le connaissais pas. Et, ils ne chargent pas de frais pour le transfert d'un compte reer can à reer us en titres?

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